Damien Saez sur la route de l’Apocalypse (live report)

Publié le 1 avril 2025 à 12:30

Damien Saez écume actuellement les salles dans le cadre de son Apocalypse Tour. Cinglant, combattant, émouvant... le Poète écorché brûle plus que jamais de sa flamme imprévisible, magnifiquement attisée par le lien immuable qui lunit à son public

« Ça va ?
Bon les premières chansons, vous fermez votre gueule !

On se dira qu’on s’aime après mais là vous écoutez la poésie… »

Ainsi Damien Saez fait son entrée sur la scène du Zénith d’Auvergne. Rien de surprenant quand on connaît le Bonhomme. A voir son petit sourire au coin des lèvres, on le devine même en forme. Près de 4 heures plus tard, il se mettra à genoux devant son public en guise de remerciements. Tandis qu’à l’Accor Arena de Paris il clamera sans équivoque : « Vous êtes ma putain de famille. Je vous aime fort ». Une histoire d’amour qui dure depuis plus d’un quart de siècle.

Pourtant ces dernières années, le mécontentement a enflé sur les réseaux sociaux. Disques prépayés depuis des années non livrés, dernier album per for view au tarif excessif... le public se divise dans le monde virtuel. Mais dans celui de la réalité, il répond inexorablement présent.

Comme de coutume, cet Apocalypse Tour s’initie sans publicité ni plan médiatique. Les fans savent, suivent, et se déplacent par millier chaque soir (l’Accor Arena de Paris n’était pas loin d’afficher complet). Parce que oui Damien, il fait chier avec ses promesses non tenues, ses grands discours pompeux sur le net… mais putain, quel panache artistique ! 

Photo live de Damien Saez et son groupe (Zénith d'Auvergne - 19-03-2025).

« Apocalypse », le dernier opus en date sorti le 1er mars, contient 28 nouveaux morceaux (dont 4 écrits par la muse alter ego Ana Moreau). Cinq disques pour plus de 3 heures de musique. Et dès les premiers concerts de la tournée, force est de constater que la densité de l’œuvre n’éclipse nullement la fluidité de la prose.

Photo live de Damien Saez et son groupe (Accor Arena de Paris - 29-03-2025).

Poétique, insurgé, touchant, rassembleur… Damien Saez est tout cela. Enchanteur derrière son piano (« Venise »), rageur au poing levé (« Anticommunautaire », « J’accuse », « Pilule »), rêveur utopique armé de sa guitare acoustique (« Tricycle jaune »). 

Un talent loin des sentiers battus... mais avant tout un être humain fragile. Ravagé par la folie de sa propre espèce (« Fleur iranienne »« Lindsay », « Les enfants paradis »…).

Damien c'est ce lyrisme singulier et viscéral, cette poésie sombre comme le charbon qui étincelle de mille feux (« Putains vous m’aurez plus », « Germaine », « Marguerite »). Sans oublier les classiques saeziens patinés d’une émotion inusable. Cristallisation parfaite de cette union scellée entre l’artiste et son public (« J’veux qu'on baise sur ma tombe », « Tu y crois »).

A l’heure d’un monde dispersé, absorbé par son obsession de rentabilité, Damien Saez apparaît comme à côté de la plaque. Mais au travers sa musique, il possède cette magie devenue tristement obsolète : l’authenticité. Parce quil est totalement inadapté au système, Saez fait un bien fou. Livrant sans détour son humanité. Témoignant son amour en déposant ses tripes sur scène.

#HorsNorme

Le live report de la Symphonie des Siècles aux Arènes de Nîmes est à revivre ici.

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